Les pertes de précontrainte : un phénomène inévitable à maîtriser
Dans toute structure précontrainte, une partie de l'effort initialement introduit est perdue au fil du temps ou dès la mise en tension. Ces pertes de précontrainte, bien que partiellement anticipées au dimensionnement, peuvent compromettre l'efficacité du système si elles sont mal estimées.
Deux grandes familles de pertes
Pertes instantanées (au moment de la mise en tension) :
- Recul de l'ancrage (glissement du câble par rapport à son ancrage ou déformation),
- Frottements (dans les gaines, liés à la courbure du câble ou à des irrégularités),
- Déformations instantanées du béton (déformation instantanée sous action des armatures de précontrainte).
Pertes différées (évolutives dans le temps) :
- Retrait du béton,
- Fluage du béton,
- Relaxation des aciers de précontrainte.
Pourquoi ces pertes sont-elles importantes ?
Parce qu'elles influencent directement :
- La valeur résiduelle de la précontrainte dans l'ouvrage,
- Le comportement différé de la structure (flèches, fissuration, redistribution des efforts),
- La durabilité et la sécurité de l'ouvrage.
Encadrement réglementaire
Le BPEL et l'Eurocode 2 fournissent les formules de calcul semi-empiriques pour les pertes.
Le calcul des pertes doit être adapté selon :
- Le type de précontrainte
- Le tracé des câbles
- La durée de vie visée du projet
- Les coefficients de frottement et effets d'ancrage pour les pertes instantanées (selon fournisseur).
Publication issue de la série NEOPEDIA de NEOGENESIS, la veille technique et réglementaire de nos ingénieurs.

