Ouvrages d’art à tonnage limité : une nouvelle approche des charges de trafic
Les ouvrages d’art dits « à tonnage limité » sont ces ponts et viaducs qui, pour des raisons de conception ou de conservation, ne peuvent accueillir l’ensemble du trafic routier réglementaire.
Depuis la circulaire du Setra de 1985, la réglementation a profondément évolué :
- le tonnage maximal autorisé est passé à 44 t ;
- les Eurocodes ont remplacé les anciens fascicules ;
- les exigences de sécurité et de durabilité se sont accrues.
Ce que change la note d’information du Cerema
La nouvelle note d’information du Cerema (septembre 2025) vient moderniser la justification de ces ouvrages en recalibrant les modèles de charge LM1, LM2 et LM3 selon trois classes de limitation :
- 3,5 t — véhicules légers ;
- 12 t — camions intermédiaires ;
- 19 t — véhicules à deux essieux.
Ces modèles intègrent désormais des situations accidentelles : passage d’un véhicule contrevenant ou croisement sur ponts à voie unique, tout en prévoyant des mesures d’accompagnement (signalisation, détection, dispositifs physiques…).
Pourquoi c’est important
Pour les gestionnaires d’ouvrages, ces évolutions permettent :
- une meilleure cohérence avec l’Eurocode 1 (EN 1991-2) ;
- une évaluation réaliste des sollicitations pour les ouvrages anciens ;
- une meilleure gestion du risque de surcharge accidentelle.
En résumé
Cette publication du Cerema constitue une référence actualisée pour tous les acteurs impliqués dans la justification, la surveillance et la maintenance des ouvrages routiers limités en tonnage. Une étape de plus vers des infrastructures plus sûres, plus durables et mieux calibrées aux réalités du trafic moderne.
Publication issue de la série NEOPEDIA de NEOGENESIS, la veille technique et réglementaire de nos ingénieurs.




