Bâtiment régulier : effort sismique à la base selon l’Eurocode 8 et le RPS 2011
Eurocode 8 et RPS 2011 : effort tranchant sismique à la base d’un bâtiment régulier contreventé par voiles
Pour un bâtiment régulier en élévation dont la réponse est gouvernée par le mode fondamental, l’Eurocode 8 autorise une analyse simplifiée dite « par forces latérales ». L’action sismique y est représentée, dans chaque direction, par un effort tranchant à la base calculé à partir de la période fondamentale et du spectre de calcul, puis réparti sur la hauteur au prorata du produit hauteur × masse de chaque niveau. Le règlement marocain RPS 2011 suit le même principe avec son « approche statique équivalente », mais avec ses propres paramètres : coefficient de vitesse de zone, coefficient de site, facteur d’amplification dynamique, coefficient de priorité et facteur de comportement K. Cet article déroule les deux méthodes pour un bâtiment contreventé par voiles en béton, jusqu’à la prise en compte de la torsion, et compare leurs résultats sur un même bâtiment.
Avertissement : exemple de calcul à but pédagogique
Cette page présente une méthode de calcul destinée à l’apprentissage de la justification parasismique élémentaire selon l’Eurocode 8. Elle ne constitue pas un outil de dimensionnement d’ouvrages réels.
La masse totale m, l’aire Ac des murs et la somme Σ(zjmj) résultent d’une descente de charges et d’un inventaire des voiles propres à chaque bâtiment : ce sont des données d’entrée de la feuille.
En mode Eurocode 8, les paramètres du spectre de l’exemple sont les valeurs recommandées par l’EN 1998-1 (spectre de type 2, sol de classe A), retenues pour l’illustration. Pour un projet en France, ils sont fixés par l’Administration, comme le prévoit l’annexe nationale.
Au Maroc, le RPS 2011 ne donne pas ces paramètres : il définit l’action sismique avec ses propres coefficients, calculés dans le mode RPS 2011 de la feuille. Les zones de vitesse et d’accélération se lisent, commune par commune, dans l’annexe du règlement.
NEOGENESIS décline toute responsabilité quant à l’utilisation de ces calculs dans des projets qui ne sont pas contrôlés par NEOGENESIS. Le seul moyen d’engager notre responsabilité est de faire valider ces calculs par nos ingénieurs dans le cadre d’une mission de contrôle technique.
1. Le problème : représenter le séisme par des forces statiques équivalentes
La méthode de référence de l’Eurocode 8 est l’analyse modale spectrale (§4.3.3.1 (2)P).
Lorsque la réponse du bâtiment n’est pas affectée de manière significative par les modes supérieurs, une distribution simplifiée de forces horizontales suffit : c’est la méthode des forces latérales (§4.3.3.2.1 (1)P).
Le RPS 2011 distingue de même une approche statique équivalente et une approche dynamique (6.2). L’approche statique équivalente substitue aux efforts dynamiques un système de forces statiques, dont la résultante agit à la base et se répartit sur la hauteur, nulle à la base et maximale au sommet (6.2.1.1).
2. Le mécanisme : domaine, période, coefficient de comportement, spectre
Eurocode 8 : domaine d’emploi de la méthode
La méthode s’applique aux bâtiments qui remplissent les deux conditions suivantes (§4.3.3.2.1 (2)) :
- dans les deux directions, une période fondamentale T1 ≤ min(4 TC ; 2,0 s) (expression (4.4)) ;
- les critères de régularité en élévation du §4.2.3.3 : éléments de contreventement continus jusqu’au sommet, raideur et masse constantes ou décroissant progressivement, retraits limités.
La régularité en plan n’est pas une condition de la méthode (Tableau 4.1). Elle conditionne le modèle : deux modèles plans, un par direction, pour un bâtiment régulier en plan (§4.3.1 (5)) ; un modèle spatial sinon, sauf conditions particulières du §4.3.3.1 (8) (en France, simplification exclue pour la catégorie d’importance IV, annexe nationale clause 4.3.3.1 (8)).
Parmi les critères de régularité en plan figure l’élancement de la section en plan :
Les autres critères (symétrie approximative, compacité, raideur des planchers, excentricité structurale et rayon de torsion, §4.2.3.2 (2) à (6)) ne sont pas calculés par la feuille.
Eurocode 8 : période fondamentale
Pour un bâtiment d’au plus 40 m de hauteur (§4.3.3.2.2 (3) et (4)) :
Ct = 0,075 / √Ac ; Ac = Σ[Ai (0,2 + lwi/H)²] (4.7), (4.8), murs de contreventement en béton
- H : hauteur du bâtiment depuis les fondations ou le sommet d’un soubassement rigide (m) ;
- Ai, lwi : aire effective et longueur du mur i au premier niveau, dans la direction considérée, avec lwi/H ≤ 0,9.
Au-delà de 40 m, la feuille ne calcule pas : T1 se détermine alors par une méthode de dynamique des structures.
Eurocode 8 : coefficient de comportement
Pour un système de murs non couplés régulier en élévation (§5.2.2.2, Tableau 5.1) :
kw = (1 + α0)/3 ≤ 1, et au moins 0,5 ; α0 = Σhwi/Σlwi
Des voiles courts, plus longs que hauts (α0 faible), réduisent kw, donc q, et augmentent les efforts de calcul. La démarche complète fait l’objet de l’article coefficient de comportement q.
La classe de ductilité limitée DCL (q ≤ 1,5, §5.3.3 (1)) n’est pas proposée par la feuille.
Eurocode 8 : spectre de calcul
Pour les composantes horizontales (§3.2.2.5 (4)P) :
Sd = ag S × 2,5/q TB ≤ T ≤ TC
Sd = ag S × (2,5/q)(TC/T) ≥ β ag TC ≤ T ≤ TD
Sd = ag S × (2,5/q)(TCTD/T²) ≥ β ag TD ≤ T
- ag = γI agR : accélération de calcul sur un sol de classe A (§3.2.1 (3)) ;
- S, TB, TC, TD : paramètres qui dépendent de la classe de sol et du type de spectre ;
- β = 0,2 pour les bâtiments : valeur recommandée, retenue par l’annexe nationale (clause 3.2.2.5 (4)P).
L’EN 1998-1 recommande des valeurs de S, TB, TC, TD (Tableaux 3.2 et 3.3) ; la feuille les propose. En France, l’annexe nationale renvoie à l’Administration pour ces paramètres, pour agR et pour γI (clauses 3.1.2 (1), 3.2.1 (2), 3.2.2.2 (2)P, 4.2.5 (5)P) : la feuille offre alors une saisie libre.
Eurocode 8 : effort tranchant à la base et distribution verticale
Fi = Fb zi mi / Σ zj mj (4.11)
- m : masse totale au-dessus des fondations ou du sommet d’un soubassement rigide, calculée selon le §3.2.4 (2) ;
- λ = 0,85 si T1 ≤ 2 TC et si le bâtiment a plus de deux étages ; λ = 1,0 sinon. Un « étage » est un niveau de masse, toiture comprise (note du FD P06-031 intégrée à la norme) ;
- zi, mi : hauteur au-dessus du niveau d’application de l’action sismique et masse du niveau i. L’expression (4.11) suppose des déplacements croissant linéairement avec la hauteur.
Les forces Fi se répartissent entre les éléments de contreventement en supposant les planchers rigides dans leur plan (§4.3.3.2.3 (4)P).
Eurocode 8 : torsion accidentelle
Lorsque la raideur latérale et la masse sont réparties symétriquement, les effets de la torsion accidentelle peuvent être pris en compte en multipliant les effets dans chaque élément par (§4.3.3.2.4) :
δ = 1 + 1,2 x / Le analyse par deux modèles plans
- x : distance en plan de l’élément au centre de masse du bâtiment, mesurée perpendiculairement à la direction du séisme ;
- Le : distance entre les deux éléments de contreventement extrêmes, mesurée dans la même direction.
Ce coefficient couvre l’excentricité accidentelle de ± 0,05 Li (§4.3.2).
RPS 2011 : domaine de l’approche statique équivalente
L’approche statique équivalente est admise aux conditions suivantes (6.2.1.2) :
- le bâtiment est régulier ;
- sa hauteur n’excède pas 60 m et sa période fondamentale ne dépasse pas 2 secondes.
Le 6.2.1.2 a) renvoie aux « critères définis dans l’article 4.3 », qui traite en fait du choix du site : les critères de régularité sont ceux du 3.2, que la feuille applique. Deux d’entre eux se calculent à partir des dimensions :
H ≤ 4 B hauteur totale et plus petite dimension de la base, 3.2.2 c
Les autres critères (forme simple et symétrie, saillies a + b ≤ 0,25 B, position du centre de masse par rapport au centre de rigidité, variations de rigidité et de masse d’un étage à l’autre limitées à 30 %, retraits, continuité, résistance au cisaillement de chaque niveau au moins égale à 80 % de celle du niveau supérieur) sont déclarés par l’utilisateur.
Hors de ce domaine, le RPS admet une approche dynamique (6.4.1), non traitée par la feuille.
RPS 2011 : période fondamentale
Pour une ossature autre que les portiques (6.3 c), donc pour un contreventement par voiles :
- H : hauteur totale du bâtiment (m) ;
- L : longueur du mur ou de l’ossature qui constitue le principal système de contreventement, dans la direction du séisme (m) ; à défaut de longueur bien définie, dimension du bâtiment parallèle au séisme.
Une autre méthode de calcul de la période est admise si l’effort sismique obtenu n’est pas inférieur à 0,80 fois celui que donne la période des formules (6.4) à (6.6) (6.3 d).
RPS 2011 : force sismique latérale équivalente
W = G + ψ Q (6.2)
- υ : coefficient de vitesse de la zone (Tableau 5.1) : 0 ; 0,07 ; 0,10 ; 0,13 ; 0,17 pour les zones de vitesse Zv = 0 à 4. En zone 0, la formule (6.1) donne F = 0, mais le RPS ne déclare pas cette zone hors de son champ (l’annexe y indique 5 cm/s) ;
- S : coefficient de site (Tableau 5.2) : 1,0 (S1) ; 1,2 (S2) ; 1,4 (S3) ; 1,8 (S4). Faute d’informations sur le sol, on retient le site S2 (5.2.3.2) ; le site S5 relève d’un spécialiste ;
- D : facteur d’amplification dynamique (Tableau 5.3), fonction de T et du rapport des numéros de zone Za/Zv ;
- I : coefficient de priorité (Tableau 3.1) : 1,30 (classe I), 1,20 (classe II), 1,0 (classe III, bâtiments courants d’habitation, de bureaux ou de commerce) ;
- K : facteur de comportement (Tableau 3.3), fonction du système de contreventement et du niveau de ductilité choisi ; pour des voiles : 1,4 (ND1), 2,1 (ND2), 2,8 (ND3) ;
- W : charge prise en poids de la structure, totalité des charges permanentes G et fraction ψQ des charges d’exploitation, avec ψ = 0,20 pour l’habitation et les bâtiments administratifs, 0,30, 0,40 ou 1,00 pour les autres natures de surcharges (Tableau 6.1).
Le facteur d’amplification dynamique vaut (Tableau 5.3, amortissement de 5 %) :
0,25 s < T < 0,50 s : D = 1,9 ; −2,4 T + 3,1 ; −6,4 T + 5,1
T ≥ 0,50 s : D = 1,20 / T2/3
Le niveau de ductilité minimal dépend de la classe du bâtiment et de υ (Tableau 3.2) ; en cas de grandes incertitudes sur la proximité de foyers sismiques potentiels ou sur l’évaluation de l’amplification du site, ND3 remplace ND2 pour un séisme moyen (3.3.3). La détermination de K fait l’objet de l’article coefficient de comportement.
RPS 2011 : répartition verticale et force au sommet
Ft = 0 si T ≤ 0,7 s ; Ft = 0,07 T F si T > 0,7 s
- Ft : force additionnelle affectée au sommet du bâtiment ; le reste F − Ft se répartit sur tous les niveaux, dernier niveau compris ;
- Wn, hn : charge totale du niveau n et hauteur de ce niveau à partir du sol.
RPS 2011 : effet de torsion
À chaque niveau, la force sismique latérale est déplacée de e1 dans un sens, puis de e2 dans l’autre (6.5) :
- e : distance entre le centre de rigidité et le centre des masses, perpendiculairement au séisme ;
- L : dimension horizontale du plancher perpendiculaire au séisme (notée Lp dans la feuille).
Chaque élément de contreventement est conçu pour les effets extrêmes des différents cas de chargement. Le RPS ne donne pas de coefficient d’amplification forfaitaire analogue au δ de l’Eurocode 8.
3. Les étapes de la justification
Eurocode 8
- Élancement en plan λ (un des critères de régularité en plan).
- Période fondamentale T1 (H ≤ 40 m).
- Domaine de la méthode : T1 ≤ min(4 TC ; 2,0 s), régularité en élévation supposée acquise.
- Coefficient de comportement q.
- Accélération spectrale de calcul Sd(T1).
- Effort tranchant à la base Fb.
- Force au niveau i Fi.
- Amplification pour torsion accidentelle δ d’un élément.
RPS 2011
- Régularité et domaine : L/B ≤ 3,5, H ≤ 4 B, autres critères du 3.2 déclarés, H ≤ 60 m.
- Période fondamentale T = 0,09 H/√L, au plus 2 s.
- Données sismiques : υ, S, I et rapport Za/Zv.
- Niveau de ductilité et facteur K (Tableaux 3.2 et 3.3).
- Facteur d’amplification dynamique D (Tableau 5.3).
- Charge W = G + ψQ.
- Force à la base F = υ S D I W / K.
- Répartition verticale : Ft au sommet et Fn au niveau n.
- Excentricités e1 et e2 de la force à chaque niveau.
L’exemple traité en Eurocode 8
| Bâtiment | bureaux de 8 niveaux, contreventés par voiles en béton non couplés, régulier en plan et en élévation (hypothèses de l’exemple) |
| Géométrie | H = 22,40 m ; Lmax = 26,20 m ; Lmin = 20,40 m |
| Masses et murs | m = 4 570 t ; Ac = 12,68 m² ; α0 = 0,855 |
| Classe de ductilité | DCM |
| Spectre | ag = 1,6 m/s² (valeur d’illustration) ; valeurs recommandées du type 2, sol A : S = 1,0, TB = 0,05 s, TC = 0,25 s, TD = 1,2 s |
| Niveau étudié | zi = 19,60 m ; mi = 582,9 t ; Σ zjmj = 56 679 m·t |
| Élément étudié | x = 7,60 m ; Le = 15,20 m (élément extrême) |
Élancement. λ = 26,2/20,4 = 1,28 ≤ 4.
Période. Ct = 0,075/√12,68 = 0,0211 ; T1 = 0,0211 × 22,40,75 = 0,217 s ≤ min(4 × 0,25 ; 2,0) = 1,0 s : la méthode s’applique.
Coefficient de comportement. kw = (1 + 0,855)/3 = 0,618 ; q = 3,0 × 0,618 = 1,855 ≥ 1,5.
Spectre. TB ≤ T1 ≤ TC (palier) : Sd = 1,6 × 1,0 × 2,5/1,855 = 2,156 m/s².
Effort tranchant à la base. 8 niveaux et T1 ≤ 2 TC = 0,50 s : λ = 0,85 ; Fb = 2,156 × 4 570 × 0,85 = 8 376 kN, soit 18,7 % du poids m g.
Niveau étudié. Fi = 8 376 × 19,6 × 582,9 / 56 679 = 1 688 kN.
Torsion accidentelle. δ = 1 + 0,6 × 7,6/15,2 = 1,30 : les efforts de l’élément extrême sont majorés de 30 %.
L’exemple traité en RPS 2011
Le même bâtiment est supposé construit à Marrakech, commune de Menara Gueliz : l’annexe du RPS y donne une vitesse de 10 cm/s, la zone de vitesse Zv = 2 et la zone d’accélération Za = 3.
| Bâtiment | bureaux de 8 niveaux, contreventés par voiles en béton, régulier en plan et en élévation (hypothèses de l’exemple) ; classe III |
| Géométrie | H = 22,40 m ; plan de 26,20 m × 20,40 m (B = 20,40 m) ; séisme parallèle au côté de 20,40 m : L = 20,40 m dans la formule (6.6), à défaut de longueur de mur bien définie (hypothèse de l’exemple), et Lp = 26,20 m pour la torsion |
| Site | Zv = 2 (υ = 0,10) ; Za = 3 ; site S2 (sols fermes d’épaisseur d’au moins 30 m, hypothèse de l’exemple) |
| Ductilité | ND1 (niveau requis pour la classe III avec υ ≤ 0,20) ; voiles |
| Charges | G = 42 700 kN ; Q = 10 700 kN ; bâtiment administratif : ψ = 0,20 |
| Niveau étudié | hn = 19,60 m ; Wn = 5 720 kN ; Σ Wihi = 556 000 kN·m |
| Torsion | e = 0,50 m |
Domaine. L/B = 26,2/20,4 = 1,28 ≤ 3,5 ; H/B = 22,4/20,4 = 1,10 ≤ 4 ; H = 22,4 m ≤ 60 m.
Période. T = 0,09 × 22,4/√20,4 = 0,446 s ≤ 2 s.
Données sismiques. υ = 0,10 ; S = 1,2 ; I = 1,0 ; Za/Zv = 3/2 > 1.
Facteur de comportement. Classe III et υ = 0,10 : ND1 requis (Tableau 3.2) ; voiles en ND1 : K = 1,4 (Tableau 3.3).
Amplification. 0,25 s < T < 0,50 s et Za > Zv : D = −6,4 × 0,446 + 5,1 = 2,243.
Charge. W = 42 700 + 0,20 × 10 700 = 44 840 kN.
Force à la base. F = 0,10 × 1,2 × 2,243 × 1,0 × 44 840 / 1,4 = 8 622 kN, soit 19,2 % de W.
Niveau étudié. T ≤ 0,7 s : Ft = 0 ; Fn = 8 622 × 5 720 × 19,6 / 556 000 = 1 739 kN.
Torsion. e1 = 0,5 × 0,50 + 0,05 × 26,2 = 1,56 m ; e2 = 0,05 × 26,2 = 1,31 m.
Comparaison chiffrée des deux modes sur l’exemple
| Grandeur | Eurocode 8 | RPS 2011 |
| Période | T1 = 0,217 s, formule (4.6) en Ac | T = 0,446 s, formule (6.6) en L |
| Niveau d’action | ag S = 1,6 m/s² (valeur d’illustration) | υ S I = 0,10 × 1,2 × 1,0 = 0,12 |
| Amplification | 2,5 (palier du spectre) | D = 2,243 |
| Coefficient réducteur | q = 1,855 (DCM, kw = 0,618) | K = 1,4 (voiles, ND1) |
| Effort à la base | Fb = 8 376 kN, 18,7 % de m g (avec λ = 0,85) | F = 8 622 kN, 19,2 % de W |
| Niveau à 19,60 m | Fi = 1 688 kN | Fn = 1 739 kN |
| Torsion | δ = 1,30 pour l’élément extrême | e1 = 1,56 m ; e2 = 1,31 m |
Les deux efforts à la base sont voisins, mais la coïncidence tient au choix de l’exemple : la colonne Eurocode 8 utilise des valeurs recommandées de l’EN 1998-1 et une accélération d’illustration, sans lien avec le site de Marrakech.
Terme à terme, les grandeurs diffèrent : la période forfaitaire du RPS vaut environ le double de celle de l’Eurocode 8 pour le même bâtiment, q et K ne se définissent pas de la même façon, la formule (6.1) et le Tableau 5.3 ne comportent ni coefficient analogue à λ ni borne inférieure analogue à β ag, et le RPS traite la torsion par déplacement des forces plutôt que par un coefficient δ.
Un projet se justifie donc entièrement avec le texte applicable (le RPS 2011 au Maroc), sans reprendre de coefficient d’un texte dans l’autre.
4. Ce qu’il faut retenir
- La méthode des forces latérales exige la régularité en élévation et T1 ≤ min(4 TC ; 2 s) ; la régularité en plan décide seulement du modèle (plan ou spatial).
- Le coefficient de comportement d’un bâtiment à voiles non couplés dépend de la classe de ductilité et du rapport de forme des voiles (kw) : des voiles courts (α0 faible) réduisent q et augmentent les efforts.
- Au-delà de TC, l’accélération spectrale de calcul décroît en TC/T, sans descendre sous β ag.
- Le coefficient δ majore les efforts des éléments éloignés du centre de masse ; le facteur 0,6 passe à 1,2 lorsque l’analyse utilise deux modèles plans.
- RPS 2011 : l’approche statique équivalente exige un bâtiment régulier (3.2), H ≤ 60 m et T ≤ 2 s ; la force à la base vaut F = υ S D I W / K.
- RPS 2011 : au-delà de T = 0,7 s, une force Ft = 0,07 T F est affectée au sommet avant la répartition du reste sur la hauteur.
- Les zones de vitesse et d’accélération se lisent commune par commune dans l’annexe du RPS : le rapport Za/Zv modifie D sur les courtes périodes.
5. Références
- NF EN 1998-1 (septembre 2005), Eurocode 8 : calcul des structures pour leur résistance aux séismes, partie 1, et son amendement A1 (mai 2013) : §3.2.1, §3.2.2.2, §3.2.2.5, §4.2.3, §4.3.1, §4.3.2, §4.3.3.2, §5.2.2.2.
- NF EN 1998-1/NA (décembre 2013), annexe nationale française : clauses 3.1.2 (1), 3.2.1 (2), 3.2.2.2 (2)P, 3.2.2.5 (4)P, 4.2.5 (5)P et 4.3.3.1 (8).
- Règlement de construction parasismique RPS 2000, version 2011 (Maroc), approuvé par le décret n° 2-12-682 du 28 mai 2013 : articles 1.2, 3.1, 3.2, 3.3, 5.2, 6.2.1, 6.3, 6.4.1, 6.5 et annexe (catalogue des vitesses et des zones par commune).
NEOPEDIA · en pratique
Nos ingénieurs vérifient que les valeurs de ag, S, TB, TC et TD retenues en note de calcul correspondent à la zone de sismicité, à la catégorie d’importance et à la classe de sol réelles du site, selon les textes applicables au projet, et non à des valeurs reprises d’un projet situé ailleurs. Au Maroc, ils contrôlent les zones de vitesse et d’accélération de la commune, la classe de site, la classe du bâtiment et le niveau de ductilité retenus pour le RPS 2011.
6. Feuille de calcul
Effort tranchant sismique à la base (bâtiment contreventé par voiles, méthode des forces latérales ou statique équivalente)
Référentiel calculé : NF EN 1998-1 (+ A1 et annexe nationale), méthode d’analyse par forces latérales (§4.3.3.2). Une direction de calcul à la fois. Les valeurs sont celles de l’exemple ; le calcul se met à jour à chaque modification.
| Géométrie du bâtiment (direction étudiée) | ||
|---|---|---|
| H : hauteur du bâtiment EC8 : depuis les fondations ou le sommet d’un soubassement rigide | m | |
| Lmax : plus grande dimension en plan | m | |
| Lmin : plus petite dimension en plan (base) | m | |
| Régularité en plan EC8 §4.2.3.2, déclarée | ||
| n : nombre de niveaux de masse (toiture comprise) | ||
| m : masse totale au-dessus des fondations EC8 §3.2.4 (2) | t | |
| Ac : aire effective des murs au premier niveau Ac = Σ[Ai(0,2 + lwi/H)²], lwi/H ≤ 0,9 (4.8) | m² | |
| Coefficient de comportement (murs non couplés, régulier en élévation) | ||
|---|---|---|
| Classe de ductilité | ||
| αu/α1 : configuration EC8 §5.2.2.2 (5) et (6) | ||
| α0 : rapport de forme prédominant des murs Σhwi/Σlwi | ||
| Spectre de calcul (EC8 §3.2.2.5) | ||
|---|---|---|
| Paramètres S, TB, TC, TD | ||
| ag : accélération de calcul sur sol de classe A (= γI agR) | m/s² | |
| S : paramètre du sol | ||
| TB : début du palier | s | |
| TC : fin du palier | s | |
| TD : début de la branche à déplacement constant | s | |
| β : borne inférieure du spectre bâtiments : valeur recommandée retenue par l’AN | 0,20 | |
| Distribution verticale et torsion accidentelle (un niveau, un élément) | ||
|---|---|---|
| zi : hauteur du niveau i au-dessus des fondations | m | |
| mi : masse du niveau i | t | |
| Σ(zjmj) : somme sur tous les niveaux | m·t | |
| Modèle d’analyse EC8 §4.3.3.2.4 (1) ou (2) | ||
| x : distance de l’élément au centre de masse, ⊥ au séisme | m | |
| Le : distance entre les deux éléments de contreventement extrêmes, ⊥ au séisme | m | |
Besoin d'un regard extérieur sur vos calculs ?
NEOGENESIS assure le contrôle externe des études : notes de calcul, modèles et plans, selon les règlements en vigueur (BAEL, Eurocodes, RPS 2011).
Autres publications sur le même thème
NEOPEDIA Calcul
- Poutres en zone sismique : dispositions selon l’Eurocode 8, le RPS 2011 et les règles PS 92
- Déversement d’une poutre élancée en lamellé-collé
- Dalle au feu : valeurs tabulées de l’Eurocode 2 et des Règles FB
- Escalier à paillasse porteuse droite : dimensionner le ferraillage d’une volée
- NEOPEDIA Calcul, troisième paquet : séisme, feu et charges
- Effort tranchant selon l’Eurocode 2 : VRd,c, VRd,max et treillis à inclinaison variable
