Voile en béton armé sous séisme : Eurocode 8, RPS 2011 et règles PS 92
Voile en béton armé sous séisme : Eurocode 8, RPS 2011 et règles PS 92
Un voile de contreventement sollicité par un séisme travaille en flexion composée dans son plan, sous un effort normal, un moment fléchissant et un effort tranchant. Cet article vérifie le même voile de trois façons : selon l’Eurocode 8, qui le traite comme un mur ductile ; selon le règlement parasismique marocain RPS 2011 ; selon les anciennes règles PS 92, utiles pour relire la note de calcul d’un bâtiment existant.
Avertissement : exemple de calcul à but pédagogique
Cette page présente un exemple de calcul destiné à l’apprentissage de la justification élémentaire des éléments de structure. Elle ne constitue pas un outil de dimensionnement d’ouvrages réels, et les résultats ne sont pas vérifiés pour un projet donné.
Les sollicitations issues de l’analyse sismique et les armatures mises en place sont des données d’entrée de la feuille : elle vérifie une section, elle ne calcule pas la structure.
NEOGENESIS décline toute responsabilité quant à l’utilisation de ces calculs dans des projets qui ne sont pas contrôlés par NEOGENESIS. Le seul moyen d’engager notre responsabilité est de faire valider ces calculs par nos ingénieurs dans le cadre d’une mission de contrôle technique.
Quel texte appliquer ?
1. Au Maroc : le RPS 2011
Les bâtiments relèvent du règlement de construction parasismique RPS 2000, version 2011, approuvé par le décret n° 2-12-682 du 28 mai 2013. Il fixe le classement du bâtiment, le niveau de ductilité, la majoration des efforts et les dispositions constructives des voiles.
Pour la résistance des sections, il renvoie au « règlement en vigueur » de béton armé sans le nommer. La feuille applique les Règles BAEL 91 révisées 99 et, pour les murs banchés, le DTU 23.1 : c’est un choix de la feuille, à confirmer pour chaque projet.
2. En France : l’Eurocode 8, qui remplace les règles PS 92
La norme NF EN 1998-1 (Eurocode 8) est « destinée à remplacer » la norme NF P 06-013 de décembre 1995 et ses amendements A1 et A2, dites règles PS 92 (statut de la NF EN 1998-1). Elle s’applique avec son annexe nationale de décembre 2013.
Le mode « Règles PS 92 » est conservé pour relire la note de calcul d’un bâtiment existant et pour comparer les méthodes : il ne justifie pas un projet neuf.
1. Le problème : un voile en flexion composée sous l’action sismique
Sous séisme, un voile de contreventement reprend trois efforts dans son plan :
- un effort normal N, dû aux charges verticales ;
- un moment fléchissant M, dû à l’action horizontale du séisme ;
- un effort tranchant V.
Ces efforts sont issus d’une analyse faite avec un coefficient de comportement (q en Eurocode 8 et PS 92, K dans le RPS), qui réduit l’action sismique élastique. L’Eurocode 8 et les règles PS 92 majorent toujours l’effort tranchant ainsi réduit avant de le comparer à la résistance ; le RPS 2011 le majore en ductilité ND2 et ND3 (coefficient ω avec l’approche statique équivalente, facteur γ en ND3).
2. Le mécanisme
Eurocode 8 : un mur ductile
Un mur ductile est encastré à sa base et conçu pour dissiper l’énergie dans une rotule plastique de flexion en pied (NF EN 1998-1, 5.1.2). Un élément n’est un mur que si sa longueur lw dépasse quatre fois son épaisseur bw.
Pour que cette rotule se forme avant toute rupture fragile, la classe DCM impose :
- un effort normal limité (νd ≤ 0,4), pour garder de la ductilité ;
- un effort tranchant majoré de 50 %, pour que le cisaillement ne cède pas avant la flexion ;
- des éléments de rive, aux extrémités du mur, dans la zone critique en pied.
RPS 2011 : un niveau de ductilité fixé par le classement
Le niveau de ductilité (ND1, ND2 ou ND3) découle de la classe du bâtiment et de la zone de vitesse de la commune (Tableau 3.2). Il commande le facteur de comportement K et la majoration de l’effort tranchant.
La section est ensuite justifiée selon les règles de béton armé : flexion composée, flambement du mur, effort tranchant. Des dispositions minimales (épaisseur, pourcentages, espacements, chaînages) complètent la vérification.
Règles PS 92 : contraintes normales, cisaillement et glissement
La section est calculée en flexion composée par la règle des trois pivots, puis découpée en bandes dont la contrainte moyenne est comparée à la contrainte limite de flambement du DTU 23.1. La résistance au cisaillement est comparée à une contrainte limite τlim qui tient compte de l’effort normal et des aciers longitudinaux. Une vérification distincte porte sur le glissement le long d’une reprise de bétonnage.
Notations
| b (lw), a (bw) | longueur et épaisseur du voile |
| d | hauteur utile : les aciers d’extrémité Af sont à la distance b − d de chaque bord |
| hs, l | hauteur d’étage ; hauteur libre du mur (hauteur nette he) |
| Hw, nniv | hauteur totale du mur et nombre de niveaux (Eurocode 8, RPS 2011) |
| lf, λ | longueur de flambement et élancement du mur (DTU 23.1) |
| N, M, V | effort normal, moment et effort tranchant issus de l’analyse (NEd, MEd, V’Ed en Eurocode 8) |
| Af | aciers verticaux de chaque extrémité |
| n, A’ | nombre et section unitaire des barres verticales d’âme, réparties entre les deux groupes Af |
| Ah | armatures horizontales d’âme, par mètre de hauteur (deux faces) |
3. Les étapes de la justification
Eurocode 8, mur ductile en classe DCM (mode par défaut)
- Résistances de calcul. L’annexe nationale de la NF EN 1998-1 (5.2.4(3), note 2) retient γc = 1,30 et γs = 1,00 ; αcc = 1 (annexe nationale de la NF EN 1992-1-1) :
fcd = fck/1,30 ; fyd = fyk/1,00
- Épaisseur de l’âme (expression 5.7) :
bw ≥ max(0,15 m ; hs/20)
- Effort normal réduit (5.4.3.4.1(2)) :
νd = NEd/(Ac fcd) ≤ 0,4
- Flexion composée selon la NF EN 1992-1-1 (section 6.1), en comptant les barres verticales d’âme (5.4.3.4.1(3)P) et l’excentricité minimale e0 = max(lw/30 ; 20 mm) :
MEd ≤ MRd(NEd)
La feuille cherche l’état de déformation plane qui équilibre NEd et MEd : béton parabole-rectangle (εc2 = 2 ‰, εcu2 = 3,5 ‰), acier à palier horizontal. Elle en tire la profondeur comprimée xu et le bras de levier z.
- Effort tranchant majoré de 50 % (5.4.2.4(7)), résistance selon la NF EN 1992-1-1 (6.2.3) :
VEd = 1,5 V’Ed
VRd,s = Ah z fyd cot θ (Ah par mètre, soit Asw/s) ; VRd,max = bw z ν1 fcd/(cot θ + tan θ)ν1 = 0,6(1 − fck/250) ; 1 ≤ cot θ ≤ 2,5 (annexe nationale, mur comprimé) ; αcw = 1 - Zone critique et éléments de rive (5.4.3.4.2) :
- hauteur de la zone critique hcr = max(lw ; Hw/6), sans dépasser 2lw ni hs (jusqu’à 6 niveaux) ou 2hs (7 niveaux et plus) ;
- longueur de l’élément de rive au moins égale à lc,min = max(0,15 lw ; 1,5 bw) ;
- pourcentage d’aciers verticaux de l’élément de rive au moins égal à 0,5 % ;
- épaisseur de l’élément de rive au moins égale à 200 mm et à hs/15 (hs/10 si l’élément de rive est long).
RPS 2011 (Maroc)
- Classement et ductilité. La zone de vitesse de la commune (annexe du RPS) donne υ (Tableau 5.1). Avec la classe du bâtiment (3.1.1), le Tableau 3.2 fixe le niveau de ductilité :
- classes I et II : ND1 si υ ≤ 0,10 ; ND2 si 0,10 < υ ≤ 0,20 ; ND3 au-delà ;
- classe III : ND1 si υ ≤ 0,20 ; ND2 au-delà ;
- ND3 au lieu de ND2 en cas de grandes incertitudes sur le site (3.3.3).
Le facteur de comportement des voiles vaut K = 1,4, 2,1 ou 2,8 (Tableau 3.3). Béton : fc28 > 22 MPa (4.2.1) ; acier : fe ≤ 500 MPa, coefficient de sécurité 1,15 (4.2.2).
- Effort tranchant de calcul (7.2). En ND2 et ND3, avec l’approche statique équivalente, l’effort tranchant est multiplié par ω (7.2.2.2 b, expression 7.4, N nombre de niveaux) ; en ND3, il est en outre multiplié par γ (7.2.3) :
ω = 0,1N + 0,9 (N ≤ 5) ; ω = 1,4 + 0,04(N − 5) (5 < N < 15) ; ω = 1,8 (N = 15)
γ = Mul/M ≤ 4L’approche statique équivalente suppose un bâtiment régulier, d’au plus 60 m, de période au plus égale à 2 s (6.2.1.2).
- Épaisseur minimale (7.3.1.4.1), avec la hauteur nette he de l’étage :
15 cm et he/20 (non rigidifié), he/22 (rigidifié à une extrémité), he/25 (rigidifié aux deux extrémités)
- Flexion composée selon le BAEL (A.4.3), avec fbu = 0,85 fc28/(θ γb), γb = 1,15 (combinaison accidentelle), et une excentricité additionnelle ea = max(2 cm ; l/250) :
M + N ea ≤ Mu(N)
- Flambement du mur selon le DTU 23.1 (4.2.2), sur la distribution plane des contraintes N/(ab) ± 6M/(ab²), découpée en bandes : voir l’encadré ci-dessous (élancement λ = lf√12/a).
- Effort tranchant. Le DTU 23.1 (4.2.3) dispense de justification si τu = Vu/(a d) reste inférieure à 0,05 fc28 sous compression ; au-delà, le BAEL s’applique (A.5.1) :
τu ≤ min(0,2 fcj/γb ; 5 MPa) ; Ah/(a st) ≥ γs(τu − 0,3 ftj k)/(0,9 fe)k = 1 + 3σcm/fcj, borné à 1 sur une reprise munie d’indentations d’au moins 5 mm et à 0 sur une reprise non traitée
- Ferraillage minimal (7.3.1.4.4) : aciers verticaux et horizontaux d’au moins 0,20 % et d’au plus 4 % ; diamètre au plus égal au dixième de l’épaisseur ; espacement d’au plus min(20 cm ; 1,5e) en zone critique ; chaînage de chaque extrémité d’au moins 4T12 en zone critique.
Le DTU 23.1 : longueur de flambement, élancement et contrainte limite
Longueur de flambement (4.2.2.1). Pour un mur armé verticalement, lf/l vaut 0,80 (encastré en tête et en pied, planchers de part et d’autre), 0,85 (plancher d’un seul côté) ou 1,00 (articulé). Des murs en retour dont la dimension mesurée perpendiculairement au mur atteint au moins 3a réduisent encore lf.
Coefficient α (4.2.2.2), mur armé :
α est divisé par 1,10 si la majeure partie des charges est appliquée entre 28 et 90 jours, par 1,2 avant 28 jours.
Contrainte limite d’une bande de largeur bi, avec Br = bi(a − 2 cm) et A les aciers de la bande :
Bandes (4.2.2.4) : largeur au plus égale à la moitié de la hauteur d’étage et aux 2/3 de la zone comprimée ; la moyenne des compressions de chaque bande ne doit pas dépasser σulim.
Domaine (4.2.1) : longueur au moins égale à 5 fois l’épaisseur, épaisseur d’au moins 10 cm, élancement au plus égal à 80, béton d’au plus 40 MPa. Hors de ce domaine, le mur relève des règles de béton armé avec les effets du second ordre : la feuille ne calcule pas.
Règles PS 92 (11.8.2.1.1) : l’élancement y est calculé avec l’épaisseur réduite, λ = lf√12/(a − 2 cm), et les contraintes des bandes viennent de l’état d’équilibre dans les trois pivots.
Règles PS 92, article 11.8.2.1 (ancien texte)
- Matériaux (11.2.1, 11.2.2) : pour un élément principal, fc28 de 22 à 60 MPa ; armatures à haute adhérence, fe ≤ 500 MPa, allongement total sous charge maximale d’au moins 5 %.
- Contraintes limites (11.8.2.1.1) :
σbc = 0,85 fcj/(1,15 γf) avec γf = 1,3 ; acier : fe/γs avec γs = 1
ftj = 0,6 + 0,06 fcj est la formule du BAEL (A.2.1,12).
- Contraintes normales (11.8.2.1.1) : on cherche l’état de déformation plane, limité par les trois pivots (3,5 ‰ ; 2 ‰ à 3b/7 ; −10 ‰ pour l’acier), dont les contraintes équilibrent N et M.
- Bandes et flambement (11.8.2.1.1 et DTU 23.1) : la zone comprimée est découpée en bandes de largeur au plus min(hs/2 ; 2x/3) ; la contrainte moyenne ni de chaque bande est comparée à nul du DTU 23.1 :
ni ≤ nul ; λ = lf √12/(a − 2 cm)
La feuille prend γb = 1,15 et γs = 1 dans nul (valeurs accidentelles du BAEL, auxquelles renvoie le DTU 23.1) et retient, pour chaque bande, la plus défavorable de deux comparaisons : béton seul face à nul sans aciers, béton et aciers comprimés face à nul les comptant.
- Pourcentage minimal des bandes d’extrémité de largeur bf = min(b/2 ; 100 cm) (11.8.2.1.2) :
ρ1 = 0,001 q ni/σbc ; ρ = 0 si ρ1 ≤ 0,001, ρ = ρ1 sinon
- Cisaillement (11.8.2.1.3 a) :
V* = V(1 + q)/2 ; τ* = V*/(a d)
τlim = max[min(τ1 ; τ2)(1 + 3πf) + 0,15σ ; 0,5 ftj]σ = N/(ab) ; πf = 100 Af/(a d), plafonné à 2 % ; τ1 = τ* Mlim/M avec Mlim = (ab²/6)(σ + ftj/1,5) ; τ2 = 0,45 √[ftj(ftj + 2σ/3)], valable si σ ≤ 0,5 fcjSi τ* > τlim, ce n’est pas un échec : il faut des armatures d’effort tranchant
At/st ≥ a(τ* − τlim)/(0,9 fe)disposées selon αv = M/(bV*) :
- horizontalement si αv ≥ 1,5 ;
- verticalement si αv ≤ 0,5 ;
- dans les deux directions entre ces deux valeurs.
- Non-glissement le long d’une reprise de bétonnage (11.8.2.1.3 b) :
V* ≤ 0,35 ftj a x + (Fb + A’ fe) × 0,7
x est la largeur comprimée et Fb la résultante de compression, tirées de l’étape 2 ; A’ est la section totale des barres verticales d’âme, associées à des armatures horizontales de même pourcentage.
- Dispositions minimales (11.8.2.1.4) : épingles de diamètre au moins max(ΦL/3 ; 6 mm), espacées d’au plus min(10 ΦL ; 20 cm) ; potelet d’about de dimensions a × d’ :
d’ = max{a ; a q n/σbc ; (lf/15) q n/σbc}
Domaine de la feuille
- L’élément doit être un mur : lw/bw > 4 en Eurocode 8 (5.1.2) ; épaisseur d’au moins 15 cm et largeur d’au moins quatre fois l’épaisseur selon les règles PS 92 (11.4.1).
- RPS 2011 et règles PS 92 : domaine du DTU 23.1 (longueur au moins égale à 5 fois l’épaisseur, λ ≤ 80, béton d’au plus 40 MPa, épaisseur d’au moins 10 cm).
- RPS 2011, approche statique équivalente : bâtiment régulier, hauteur d’au plus 60 m, période d’au plus 2 s ; en ND2 et ND3, au plus 15 niveaux (coefficient ω).
- Règles PS 92 : si σ = N/(ab) dépasse 0,5 fcj, le trumeau est à vérifier comme un poteau (11.8.2.1.3 a).
- Le voile doit être globalement comprimé (N > 0) et soumis à un moment et à un effort tranchant non nuls. Il est symétrique : la feuille prend les valeurs absolues de M et V, les deux sens du séisme donnant le même résultat.
- Eurocode 8 : fck de 16 à 50 MPa ; tous les modes : fe (fyk) de 400 à 600 MPa (aciers à haute adhérence de béton armé ; NF EN 1992-1-1 3.2.2(3)P), diamètres d’au plus 40 mm.
- Eurocode 8 : section totale des armatures verticales au plus égale à 0,04 Ac (NF EN 1992-1-1, 9.6.2(1), valeur retenue par l’annexe nationale) ; règles PS 92 : la feuille ne calcule pas au-delà de ce même pourcentage.
- Hors de ce domaine, la feuille affiche « Méthode non applicable » et ne donne aucun résultat.
L’exemple traité
| Voile | b = lw = 10,00 m ; a = bw = 0,20 m ; d = 9,50 m |
| Bâtiment | établissement scolaire à Agadir (classe II ; zone de vitesse 3, υ = 0,13, et zone d’accélération 4 selon l’annexe du RPS) ; 5 niveaux, Hw = 15,00 m ; bâtiment régulier |
| Étage | hs = 3,00 m ; hauteur libre l = 2,80 m ; mur encastré en tête et en pied, planchers de part et d’autre, sans mur en retour |
| Efforts de l’analyse | N = 1 660 kN ; M = 12 000 kN·m ; V = 1 450 kN ; q = 2 (règles PS 92) |
| Matériaux | béton 25 MPa ; acier 500 MPa |
| Aciers verticaux | Af = 8 HA16 = 16,08 cm² à chaque extrémité ; 88 barres d’âme HA8 (0,50 cm²), 44 par face, espacées de 20 cm |
| Aciers horizontaux | HA8 espacés de 20 cm sur chaque face, soit Ah = 5,03 cm²/m |
| Reprise en pied | traitée, indentations d’au moins 5 mm ; fissuration peu préjudiciable |
Les efforts sont les mêmes dans les trois modes, pour comparer les méthodes. Les barres d’âme et les armatures horizontales respectent l’espacement de 20 cm de la zone critique du RPS 2011 ; les aciers d’extrémité respectent le pourcentage de 0,5 % des éléments de rive de l’Eurocode 8.
NF EN 1998-1. fcd = 19,23 MPa ; bw = 0,20 m ≥ 0,15 m ; νd = 0,043 ≤ 0,4.
Flexion composée : xu = 2,78 m, z = 7,42 m et MRd = 24,44 MN·m ≥ 12,00 MN·m.
Effort tranchant : VEd = 1,5 × 1,450 = 2,175 MN. Avec cot θ = 2,5, VRd,s = 4,667 MN et VRd,max = 5,316 MN : vérifié.
Éléments de rive : hcr = 3,00 m ; lc,min = 1,50 m ; 16,08/(150 × 20) = 0,54 % ≥ 0,5 % ; épaisseur 0,20 m ≥ hs/15 = 0,20 m (élément de rive supposé plus court que max(2bw ; 0,2 lw) = 2,00 m). Armatures verticales : (2 × 16,08 + 88 × 0,50)/(1 000 × 20) = 0,38 % ≤ 4 %.
La feuille affiche « Vérifications calculées satisfaites ».
RPS 2011. Classe II et υ = 0,13 : niveau de ductilité ND2, K = 2,1. Approche statique équivalente (T = 0,09 × 15/√10 = 0,43 s) : ω = 0,1 × 5 + 0,9 = 1,40, d’où un effort tranchant de calcul de 1,40 × 1,450 = 2,030 MN.
Épaisseur : 0,20 m ≥ max(0,15 ; 2,80/20) = 0,15 m. Flexion composée (fbu = 18,48 MPa, fe/1,15 = 434,8 MPa) : Mu = 21,80 MN·m ≥ 12,03 MN·m.
Flambement : lf = 0,80 × 2,80 = 2,24 m, λ = 38,8, α = 0,682. Sur la bande d’extrémité de 1,50 m, la contrainte moyenne vaut 3,90 MPa pour σulim = 16,87 MPa.
Effort tranchant : τu = 2,030/(0,20 × 9,50) = 1,068 MPa < 0,05 × 25 = 1,25 MPa : pas de justification selon le DTU 23.1. Le BAEL demanderait 2,24 cm²/m, pour 5,03 cm²/m en place ; avec une reprise non traitée (k = 0), il en faudrait 5,46 cm²/m.
Dispositions : ρv = 0,38 % et ρh = 0,25 % ; espacements de 20 cm ; chaînages de 8 HA16. La feuille affiche « Vérifications calculées satisfaites ».
Règles PS 92. Matériaux : fc28 = 25 MPa entre 22 et 60 MPa ; fe = 500 MPa ≤ 500 MPa. σbc = 14,21 MPa ; ftj = 2,10 MPa.
Contraintes normales : l’état d’équilibre donne une largeur comprimée x = 3,08 m et une résultante Fb = 2,198 MN.
Flambement : lf = 2,24 m, λ = 2,24 × √12/0,18 = 43,1, α = 0,652. Sur la bande d’extrémité de 1,50 m, ni = 5,30 MPa (béton) pour nul = 14,18 MPa, et 5,87 MPa (béton et aciers) pour 16,41 MPa : taux 0,37.
Pourcentage minimal : sur la bande bf de 1,00 m, ni = 5,81 MPa, d’où ρ1 = 0,00082 ≤ 0,001 : pas de pourcentage minimal de ce chef.
Cisaillement : V* = 2,175 MN, τ* = 1,145 MPa, supérieur à τlim = 1,050 MPa (valeur 0,5 ftj, plus grande que τ3 = 1,014 MPa). Il faut At/st ≥ 0,42 cm²/m dans les deux directions (αv = 0,55). Les 5,03 cm²/m horizontaux et les 4,89 cm²/m verticaux d’âme suffisent.
Non-glissement : V* = 2,175 MN ≤ 3,531 MN. Dispositions : épingles HA6 espacées d’au plus 16 cm, potelet d’about de 20 cm × 20 cm au moins.
La feuille affiche « Vérifications calculées satisfaites ».
Comparaison des trois modes sur l’exemple
| NF EN 1998-1 | RPS 2011 | Règles PS 92 | |
| Résistance du béton | fcd = 25/1,30 = 19,23 MPa | fbu = 0,85 × 25/1,15 = 18,48 MPa | σbc = 0,85 × 25/(1,15 × 1,3) = 14,21 MPa |
| Moment résistant sous N | MRd = 24,44 MN·m | Mu = 21,80 MN·m | 23,29 MN·m (limite des pivots) |
| Effort tranchant de calcul | 1,5 V = 2,175 MN | ω V = 1,40 × 1,450 = 2,030 MN | V(1 + q)/2 = 2,175 MN (q = 2) |
| Flambement du mur | non vérifié par la feuille | taux 0,23 (λ = 38,8) | taux 0,37 (λ = 43,1) |
| Armatures d’effort tranchant | treillis : 5,03 cm²/m reprennent 4,667 MN | dispense (τu < 0,05 fc28) | au-delà de τlim : 0,42 cm²/m requis |
| Aciers d’extrémité | 0,5 % de l’élément de rive : au moins 15,0 cm² | chaînage d’au moins 4T12 (4,52 cm²) | ρ = 0 ; chaînages minimaux (11.4.3) |
| Glissement sur reprise | non vérifié par la feuille (NF EN 1992-1-1, 6.2.5) | dispense du DTU 23.1 ici ; au-delà, coefficient k du BAEL (reprise traitée ou non) | vérifié : 2,175 ≤ 3,531 MN |
La comparaison est faite à efforts identiques. Dans un projet réel, les trois textes ne donnent pas les mêmes efforts : spectre, coefficient de comportement et combinaisons diffèrent.
Les majorations de l’effort tranchant sont voisines (1,40 à 1,50 ici). Les textes diffèrent surtout par la résistance du béton retenue sous séisme, par le traitement du cisaillement (treillis de l’Eurocode 2, dispense ou règle du BAEL, contrainte limite empirique des PS 92) et par les exigences de ductilité de l’Eurocode 8 (effort normal limité, éléments de rive).
4. Ce qu’il faut retenir
- Au Maroc, le texte est le RPS 2011 ; en France, pour un projet neuf, l’Eurocode 8 et son annexe nationale ; les règles PS 92 servent à relire l’existant.
- L’effort tranchant issu de l’analyse est majoré : de 50 % pour un mur ductile DCM ; par ω (approche statique équivalente, ND2 et ND3) et par γ (ND3) selon le RPS 2011 ; du facteur (1 + q)/2 selon les règles PS 92.
- La feuille vérifie le flambement du mur par bandes avec le DTU 23.1 : en mode PS 92, parce que ces règles y renvoient ; en mode RPS 2011, parce que la feuille retient ce texte comme règle de béton armé des murs. Longueur de flambement, élancement au plus égal à 80, contrainte limite fonction de α.
- En Eurocode 8, la ductilité du mur passe par un effort normal limité et par des éléments de rive armés et confinés en pied de mur.
- Selon les règles PS 92, un cisaillement τ* supérieur à τlim n’est pas un échec : il impose des armatures d’effort tranchant, à comparer à celles mises en place.
5. Références
- NF EN 1998-1 (Eurocode 8), Calcul des structures pour leur résistance aux séismes, partie 1, et son annexe nationale NF EN 1998-1/NA (décembre 2013) : 5.1.2 (définitions), 5.2.4 (coefficients partiels), 5.4.1.2.3, 5.4.2.4, 5.4.3.4 (murs ductiles, classe DCM).
- NF EN 1992-1-1 (Eurocode 2) et son annexe nationale : 3.1.6, 3.1.7, 3.2.7 (lois de calcul), 6.1 (flexion composée), 6.2.3 (effort tranchant), 3.2.2(3)P et 9.6.2(1) (limites des aciers).
- Règlement de construction parasismique RPS 2000, version 2011 (Maroc, décret n° 2-12-682 du 28 mai 2013) : 3.1 et 3.3 (classement, ductilité, facteur K), 4.2 (matériaux), 5.2.2 (zonage), 6.2.1 (approche statique équivalente), 7.2.2.2 et 7.2.3 (sollicitations des voiles), 7.3.1.4 (voiles de contreventement), 8.3 (vérification de la résistance), annexe (zones des communes).
- DTU 23.1 (NF P 18-210, mai 1993), Murs en béton banché : 4.2.1 (domaine de validité), 4.2.2 (longueur de flambement, effort normal limite, bandes), 4.2.3 (sollicitation tangente).
- Règles BAEL 91 révisées 99 (DTU P 18-702) : A.2.1,12, A.2.2,1, A.4.3,2 à A.4.3,5 (flexion composée), A.5.1 (effort tranchant).
- Norme NF P 06-013, Règles de construction parasismique, Règles PS applicables aux bâtiments, dites PS 92, AFNOR, décembre 1995, amendements A1 (2001) et A2 (2004) : articles 11.2.1, 11.2.2, 11.4.1 et 11.8.2.1 (ancien texte, que la NF EN 1998-1 est destinée à remplacer).
NEOPEDIA · en pratique
Sur les bâtiments contreventés par voiles en zone sismique, nos ingénieurs vérifient que les éléments de rive et les chaînages en pied de voile, la zone la plus sollicitée, sont armés et confinés comme le prévoit la note de calcul, et que le plan de reprise de bétonnage à la base a reçu un traitement de surface cohérent avec les hypothèses de la vérification au glissement.
6. Feuille de calcul
Vérification d’un voile en béton armé sous séisme
Les valeurs par défaut sont celles de l’exemple traité, commun aux trois référentiels. Modifiez-les pour voir l’influence de chaque paramètre ; le calcul se met à jour à chaque clic sur « Recalculer ». Le sélecteur choisit le texte appliqué : NF EN 1998-1 et son annexe nationale (mur ductile, classe DCM) ; RPS 2011, avec les Règles BAEL 91 révisées 99 et le DTU 23.1 pour les résistances ; règles PS 92 (article 11.8.2.1), avec le DTU 23.1. Seules les données du texte choisi sont affichées.
| Géométrie du voile | ||
|---|---|---|
| b (lw) : longueur du voile | m | |
| a (bw) : épaisseur du voile | m | |
| d : hauteur utile (aciers Af à b − d de chaque bord, b/2 < d < b) | m | |
| hs : hauteur d’étage | m | |
| l : hauteur libre du mur (hauteur nette he de l’étage) | m | |
| Liaisons avec les planchers (DTU 23.1, 4.2.2.1) | ||
| Raidisseurs : murs en retour dont la dimension mesurée perpendiculairement au mur est au moins égale à 3a | ||
| Hw : hauteur totale du mur au-dessus de la base (hauteur du bâtiment) | m | |
| nniv : nombre de niveaux du bâtiment | ||
| Sollicitations (situation sismique de calcul) et matériaux | ||
|---|---|---|
| N : effort normal (compression positive) | kN | |
| M : moment fléchissant dans le plan du voile | kN·m | |
| V : effort tranchant issu de l’analyse (V’Ed en EC8) | kN | |
| q : coefficient de comportement | ||
| fcj (fck, fc28) : résistance caractéristique du béton | MPa | |
| fe (fyk) : limite d’élasticité des aciers, de 400 à 600 MPa | MPa | |
| Âge du chargement (DTU 23.1, 4.2.2.2) | ||
| Aciers (données d’entrée) | ||
|---|---|---|
| Af : aciers verticaux de chaque extrémité (élément de rive, bande d’extrémité, chaînage) | cm² | |
| ΦL : diamètre des aciers Af, au plus 40 mm | mm | |
| A’ : section d’une barre verticale d’âme | cm² | |
| n : nombre de barres verticales d’âme (deux faces, entre les Af) | ||
| Ah : armatures horizontales d’âme mises en place, par mètre de hauteur (deux faces) | cm²/m | |
| Φh : diamètre des armatures horizontales, au plus 40 mm | mm | |
| Données du RPS 2011 | ||
|---|---|---|
| Classe du bâtiment (3.1.1) | ||
| Zone de vitesse Zv de la commune (annexe, Tableau 5.1) | ||
| Grandes incertitudes sur le site (3.3.3) | ||
| Approche de l’analyse (6.2) | ||
| Bâtiment régulier en plan et en élévation (3.2) | ||
| Reprise de bétonnage dans la section de base | ||
| Fissuration (BAEL A.4.5,3) | ||
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