Action du séisme sur un mur de soutènement : méthode de Mononobe-Okabe
Action du séisme sur un mur de soutènement : méthode de Mononobe-Okabe (Eurocode 8, RPS 2011 et règles PS 92)
Sous séisme, un mur de soutènement reçoit, en plus de la poussée statique habituelle des terres, un incrément de poussée dynamique dû aux accélérations horizontale et verticale du sol. L’Eurocode 8, le règlement parasismique marocain RPS 2011 et les anciennes règles PS 92 évaluent tous trois la force totale par la formule de Mononobe-Okabe, dans une analyse pseudo-statique. Cet article détaille les trois méthodes et leurs limites, puis les applique dans une feuille de calcul modifiable, avec un sélecteur de référentiel.
Avertissement : exemple de calcul à but pédagogique
Cette page présente un exemple de calcul destiné à l’apprentissage de la justification parasismique élémentaire d’un mur de soutènement. Elle ne constitue pas un outil de dimensionnement d’ouvrages réels : le domaine est volontairement restreint (face arrière verticale, sol sans cohésion au-dessus de la nappe, pas de surcharge sauf en mode RPS 2011) et les données sismiques des exemples Eurocode 8 et PS 92 ne correspondent à aucun site réel (l’exemple RPS 2011 retient la zone sismique de Marrakech).
NEOGENESIS décline toute responsabilité quant à l’utilisation de ces calculs dans des projets qui ne sont pas contrôlés par NEOGENESIS. Le seul moyen d’engager notre responsabilité est de faire valider ces calculs par nos ingénieurs dans le cadre d’une mission de contrôle technique.
1. Le problème : une poussée des terres qui augmente sous séisme
Un mur dimensionné pour la seule poussée statique des terres peut se révéler insuffisant sous séisme. L’accélération horizontale accroît la poussée exercée par le massif retenu ; l’accélération verticale, selon son sens, l’augmente ou la diminue.
Il faut donc évaluer la force totale sous séisme, en isoler l’incrément dynamique et placer chaque part à son point d’application pour obtenir le moment à la base du mur.
2. Le mécanisme : deux coefficients sismiques, deux sens du séisme vertical
Les trois textes suivent le même principe : le poids du sol et les forces d’inertie sont composés en une résultante inclinée d’un angle θ sur la verticale, et la formule de Coulomb est appliquée à cette résultante. Ils diffèrent par les coefficients sismiques, les angles de frottement retenus et le point d’application de la poussée.
Eurocode 8 : coefficients sismiques (NF EN 1998-5, 7.3.2.2)
En l’absence d’études spécifiques, l’action sismique est représentée par des forces statiques égales aux forces gravitaires multipliées par un coefficient sismique :
kv = ± 0,5 kh si avg/ag > 0,6 (7.2) ; kv = ± 0,33 kh dans les autres cas (7.3)α = ag/g, avec ag = γI agR (NF EN 1998-1, 3.2.1(3)) ; coefficient constant sur la hauteur pour un mur d’au plus 10 m
Le facteur r traduit le déplacement permanent que le mur peut accepter (Tableau 7.1) :
- r = 2 : mur-poids libre pouvant accepter un déplacement jusqu’à dr = 300 α S (mm) ;
- r = 1,5 : mur-poids libre pouvant accepter un déplacement jusqu’à dr = 200 α S (mm) ;
- r = 1 : mur fléchi en béton armé, mur ancré ou contreventé, mur en béton armé fondé sur pieux verticaux, mur d’infrastructure encastré, culée de pont.
Les valeurs de agR, γI, S et avg ne sont pas fixées par l’Eurocode lui-même : l’annexe nationale française de NF EN 1998-1 les renvoie à l’Administration. La feuille les demande donc en données.
Eurocode 8 : angle θ et formule de Mononobe-Okabe (annexe E)
Pour un sol situé au-dessus de la nappe (E.5), la résultante du poids et des forces d’inertie est inclinée de l’angle θ :
L’expression (E.6) de E.5 est imprimée tan θ = kh/(1 ∓ kv), alors que (E.1) porte le facteur (1 ± kv). La feuille associe à chaque facteur l’angle θ de même signe, comme les expressions (E.8) à (E.11) de la même annexe (gA = g(1 + kv)/cos θA). Sur l’exemple, l’association croisée donnerait Ed = 173,4 kN/m au lieu de 169,1 kN/m : la feuille affiche cette valeur pour information.
Le coefficient de poussée active (statique et dynamique) vaut, pour β ≤ φ’d − θ :
La force totale de calcul, côté terrain, est alors :
Eurocode 8 : conditions d’emploi
- Domaine de (E.2) : β ≤ φ’d − θ pour les deux valeurs de θ. Au-delà, la norme donne l’expression (E.3), que la feuille ne traite pas : elle affiche « méthode non applicable ».
- Frottement sol-mur : l’inclinaison de la poussée sur la normale au mur ne dépasse pas (2/3) φ’ à l’état actif (7.3.2.3(6)P).
- Mouvement du mur : l’état actif suppose un déplacement suffisant du mur (7.3.2.1(2)). Pour une structure rigide (mur d’infrastructure, mur-poids fondé sur rocher ou sur pieux), le sol reste au repos (7.3.2.1(3)) et l’incrément dynamique vaut ΔPd = α S γ H² (E.19), pour un mur vertical et un remblai horizontal, appliqué à mi-hauteur (E.9).
- Hauteur : la feuille se limite aux murs d’au plus 10 m (7.3.2.2(4) et (6)).
- Séisme vertical ascendant : le cas B suppose 1 − kv > 0 ; pour kv ≥ 1, le poids apparent du sol s’annule et la feuille affiche « méthode non applicable ».
- Surcharge : le terre-plein est sans surcharge dans ce mode ; une surcharge saisie (q > 0) met le mur hors du champ de la feuille.
Eurocode 8 : incrément dynamique et point d’application
Ed est la résultante des poussées statique et dynamique (7.3.2.3(3)). En l’absence d’étude plus détaillée, la part dynamique est appliquée à mi-hauteur du mur (7.3.2.3(4)P) ; pour un mur qui peut tourner librement autour de sa base, elle peut être placée au même point que la part statique (7.3.2.3(5)).
Pour séparer les deux parts, la feuille calcule une poussée statique de référence Ps avec la même expression (E.2) prise pour θ = 0 (formule de Coulomb), les mêmes φ’d et δd, puis ΔPd = Ed − Ps. C’est une hypothèse de la feuille, pas une règle de la norme.
RPS 2011 : coefficients sismiques (9.4.1)
Le RPS pose d’abord un principe : les efforts sur les parois de soutènement « sont déterminés par toute méthode scientifiquement établie et validée par l’expérience. A défaut, les méthodes statiques simplifiées présentées ci-dessous peuvent être utilisées » (9.4.1). Ces méthodes appliquent des coefficients sismiques uniformes à l’ouvrage et au massif retenu, y compris les charges qu’il porte :
αV = 0,3 · αH
- t : coefficient de correction topographique du site au droit du mur, « pris égal à 1,2 » : le RPS le fixe, il n’est pas calculé.
- K : 1 en poussée active, 1,2 en poussée passive. La feuille calcule la poussée active : K = 1.
- an : accélération nominale. Le RPS ne la définit pas ailleurs ; la feuille la prend égale à l’accélération maximale du sol Amax de la zone (5.2.2), lue sur la figure 5.3 : 0,04 g, 0,07 g, 0,10 g, 0,14 g et 0,18 g pour les zones 0 à 4. La zone en accélération de chaque commune est donnée par l’annexe du RPS (Marrakech Médina : zone 3).
- Site : la formule de αH de 9.4.1 ne comporte pas de coefficient de site.
RPS 2011 : poussée dynamique active (9.4.2.1)
Pour un terrain pulvérulent (c = 0), la poussée dynamique active est donnée par la méthode de Mononobe-Okabe :
Kad = cos²(φ − θ − α) / [cos θ · cos²α · cos(δ + α + θ)] × [1 + √( sin(φ + δ) · sin(φ − β − θ) / (cos(α − β) · cos(δ + α + θ)) )]−2
Pad = ½ γ H² (1 ± αV) Kadα : fruit interne du mur (pris nul par la feuille, parement arrière vertical) ; δ : angle de frottement terrain-écran ; γ : poids spécifique du sol humide non déjaugé ; φ utilisé sans coefficient partiel
Attention à la formule imprimée. Dans l’expression de Kad du RPS, la racine porte sur « sin(φ + δ) − sin(φ − β − θ) » divisé par « sin(α − β) − sin(δ + α + θ) », et le crochet n’a pas d’exposant. Telle quelle, la formule n’est pas calculable (racine d’un nombre négatif dès que θ > 0). Ce sont des coquilles : la feuille applique la forme de Mononobe-Okabe ci-dessus, qui redonne exactement la formule de 10.2.2 des règles PS 92 pour α = δ = 0 et l’expression (E.2) de NF EN 1998-5 pour une face arrière inclinée de α.
- Décomposition : Pad = Pa + ΔPadyn, avec Pa appliquée à H/3 et ΔPadyn à H/2 au-dessus de la base du mur. La feuille calcule Pa par la même expression avec αH = αV = 0 (hypothèse de la feuille).
- Surcharge uniforme q sur le terre-plein : Pad = (q H / cos β) (1 ± αV) Kad, admise à mi-hauteur du mur.
- Domaine : l’expression exige φ − β − θ ≥ 0 ; au-delà, la feuille affiche « méthode non applicable ». Le RPS ne limite ni δ ni la hauteur du mur : la feuille borne δ à φ et H à 20 m (bornes de la feuille).
- Non traités : sols cohérents (9.4.2.2, méthode de Prakash, dont le RPS ne donne pas les coefficients), poussée passive, stabilité (9.4.3 : glissement avec un coefficient de sécurité de 1,2, poinçonnement avec 1,5).
Règles PS 92 : coefficients sismiques (10.1.3)
Les coefficients sismiques sont uniformes sur tout le massif retenu :
σv = 0,3 · σh
- aN : accélération nominale, fixée par voie d’arrêté selon la zone de sismicité et la classe de l’ouvrage (3.3) ; la feuille la demande en donnée.
- K : coefficient compris entre 1 et 1,2 suivant qu’il s’agit de poussée active ou de poussée de terre au repos ; la feuille propose K = 1 (mur pouvant se déplacer) ou K = 1,2 (mur indéplaçable).
- τ : coefficient topographique (5.2.4), pour un mur en rebord de crête d’un relief de hauteur H ≥ 10 m dont le versant amont a une pente i ≤ 1/3 : τ = 1 si I − i ≤ 0,40 ; τ = 1 + 0,8 (I − i − 0,4) entre 0,40 et 0,90 ; τ = 1,40 au-delà. La feuille retient cette valeur de palier, sans la réduction linéaire des tronçons de raccordement (hypothèse du côté de la sécurité).
Règles PS 92 : poussée active dynamique globale (10.2.2)
Kad = cos²(φ − θ) / cos²θ × [1 + √( sin φ · sin(φ − β − θ) / (cos θ · cos β) )]−2
Pad = ½ γ H² (1 ± σv) Kadδ = 0 (frottement sol-paroi pris égal à zéro) ; γ poids volumique du sol humide non déjaugé ; θ limité à φ dans Kad
- Angles : φ est utilisé directement, sans coefficient partiel.
- Domaine : l’expression exige φ − β − θ ≥ 0 ; au-delà, la feuille affiche « méthode non applicable ».
- Point d’application : à défaut de justification plus précise, la poussée dynamique globale s’exerce à mi-hauteur de la paroi (répartition uniforme). La feuille applique cette règle à Pad : M = Pad × H/2.
- Combinaison (8.1, figure 30) : la poussée statique P1 figure dans G et l’augmentation dynamique P2 dans E, avec γQ = 1. La feuille calcule P1 par l’expression de 10.2.2 avec σh = σv = 0, puis P2 = Pad − P1.
- Hauteur : les murs de soutènement isolés de hauteur au plus 6 m peuvent être justifiés par ces règles (10.5) ; les autres relèvent d’une norme spécifique.
- Mur indéplaçable (K = 1,2) : P1 reste la poussée active ; la poussée statique au repos, qui figure alors dans G, n’est pas calculée par la feuille.
- Surcharge : la poussée due à une surcharge uniforme (10.2.4) n’est pas traitée dans ce mode ; une surcharge saisie (q > 0) met le mur hors du champ de la feuille.
Notations
| H, ψ, β | hauteur du mur, inclinaison de sa face arrière (90° ici), inclinaison du terre-plein sur l’horizontale |
| φ’k, φ’d | angle de frottement interne du sol, valeur caractéristique et valeur de calcul |
| δ, δd | angle de frottement sol-mur, valeur saisie et valeur de calcul |
| γ | poids volumique du sol |
| agR, γI, ag | accélération maximale de référence (sol de classe A), coefficient d’importance, accélération de calcul |
| S, r | paramètre de sol, facteur de déplacement admissible |
| kh, kv | coefficients sismiques horizontal et vertical |
| θA, θB | angles θ pour la force d’inertie verticale dirigée vers le bas (A, facteur 1 + kv) et vers le haut (B, facteur 1 − kv) |
| K, Ed | coefficient de poussée (statique et dynamique), force totale de calcul |
| Ps, ΔPd | poussée statique de référence, incrément dynamique |
| an, Amax, t, K (RPS) | accélération nominale, accélération maximale du sol de la zone, correction topographique (1,2), coefficient de 9.4.1 (1 en poussée active) |
| αH, αV (RPS) | coefficients sismiques horizontal et vertical |
| Kad, Pad, Pa, ΔPadyn, q (RPS) | coefficient de poussée dynamique active, poussée dynamique active, poussée active statique, incrément dû au séisme, surcharge uniforme |
| aN, K, τ (PS 92) | accélération nominale, coefficient de 10.1.3 (1 ou 1,2), coefficient topographique |
| σh, σv (PS 92) | coefficients sismiques horizontal et vertical |
| Kad, Pad (PS 92) | coefficient de poussée dynamique active, poussée active dynamique globale |
| P1, P2 (PS 92) | poussée statique, augmentation dynamique de la poussée (figure 30) |
Quel texte appliquer ?
NF EN 1998-5 est destinée à remplacer la norme NF P 06-013 (règles PS 92), selon son statut. La feuille calcule par défaut selon l’Eurocode 8 ; le mode « Règles PS 92 » sert à vérifier un ouvrage existant ou à comparer les méthodes.
Au Maroc, le règlement de construction parasismique RPS 2000, approuvé par le décret n° 2-02-177 du 22 février 2002, dans sa version 2011 approuvée par le décret n° 2-12-682 du 28 mai 2013, est « applicable aux bâtiments » (article premier de ces décrets) ; il traite les ouvrages de soutènement en 9.4. Le mode « RPS 2011 » applique sa méthode simplifiée ; pour un ouvrage qui ne relève pas de ce règlement, le référentiel est à fixer par les pièces du marché.
3. Les étapes de la justification
Eurocode 8
- Coefficients sismiques kh et kv (7.3.2.2).
- Angles de calcul φ’d et δd (γφ’ = 1,25).
- Angles θA et θB, pour les deux sens du séisme vertical (7.3.2.2(2)P).
- Domaine de l’expression (E.2) : β ≤ φ’d − θ.
- Coefficients K et forces totales Ed des deux cas ; on retient la plus grande.
- Poussée statique de référence et incrément dynamique ΔPd.
- Moment à la base : Ps à H/3, ΔPd à H/2.
RPS 2011
- Coefficients sismiques αH et αV (9.4.1), à partir de la zone en accélération de la commune.
- Angles θ pour la force verticale descendante et ascendante (9.4.2.1).
- Domaine : β ≤ φ − θ.
- Poussées dynamiques actives des deux cas, surcharge comprise ; on retient la plus grande.
- Moment à la base : Pa à H/3, ΔPadyn et poussée de la surcharge à H/2.
Règles PS 92
- Coefficients sismiques σh et σv (10.1.3), avec τ (5.2.4) pour un mur en rebord de crête.
- Angles θ pour la force verticale descendante et ascendante (10.2.2).
- Domaine : β ≤ φ − θ.
- Poussées actives dynamiques globales des deux cas ; on retient la plus grande.
- Moment à la base : Pad à mi-hauteur ; décomposition en P1 et P2 pour la combinaison 8.1.
Exemple traité
| Mur | mur-poids libre (r = 2), H = 6 m, face arrière verticale, terre-plein horizontal (β = 0), δ = 0 |
| Sol | φ’k = 30°, γ = 18 kN/m³, nappe sous la base du mur |
| Séisme, Eurocode 8 | agR = 2,0 m/s², γI = 1,0, S = 1,2, avg/ag > 0,6 (valeurs de l’exemple) |
| Séisme, RPS 2011 | Marrakech Médina, zone 3 en accélération : Amax = 0,14 g ; t = 1,2 ; K = 1 (poussée active) ; pas de surcharge (q = 0) |
| Séisme, PS 92 | aN = 2,0 m/s² (valeur de l’exemple), K = 1 (poussée active), mur hors rebord de crête (τ = 1) |
Eurocode 8
Coefficients. α = 2,0/9,81 = 0,2039 ; kh = 0,2039 × 1,2 / 2 = 0,1223 ; kv = ± 0,0612. Déplacement admissible correspondant : dr = 300 α S = 73 mm.
Angles. φ’d = 24,79° ; θA = 6,58° ; θB = 7,42°. Domaine : φ’d − β − θB = 17,37° ≥ 0.
Forces. KA = 0,4920 et Ed,A = 169,1 kN/m ; KB = 0,5043 et Ed,B = 153,4 kN/m. Le cas A (force d’inertie verticale vers le bas) gouverne.
Incrément et moment. Ks = 0,4091 et Ps = 132,6 kN/m, d’où ΔPd = 36,6 kN/m. Moment à la base : M = 132,6 × 2,00 + 36,6 × 3,00 = 374,9 kN·m/m, soit une résultante à 2,22 m (0,37 H) au-dessus de la base.
RPS 2011
Coefficients. an = 0,14 × 9,81 = 1,373 m/s² ; αH = 1 × 1,2 × 0,14 = 0,1680 ; αV = ± 0,0504.
Angles. θ1 = 9,09° (1 + αV) ; θ2 = 10,03° (1 − αV). Domaine : φ − β − θ2 = 19,97° ≥ 0.
Poussées. Kad,1 = 0,4406 et Pad,1 = 150,0 kN/m ; Kad,2 = 0,4541 et Pad,2 = 139,7 kN/m. Le cas 1 (force verticale descendante) gouverne.
Décomposition et moment. Pa = 108,0 kN/m (Ka = 0,3333) et ΔPadyn = 42,0 kN/m. M = 108,0 × 2,00 + 42,0 × 3,00 = 341,9 kN·m/m.
Règles PS 92
Coefficients. σh = 1 × 1 × 2,0/9,81 = 0,2039 ; σv = ± 0,0612.
Angles. θ1 = 10,88° (1 + σv) ; θ2 = 12,25° (1 − σv). Domaine : φ − β − θ2 = 17,75° ≥ 0.
Poussées. Kad,1 = 0,4666 et Pad,1 = 160,4 kN/m ; Kad,2 = 0,4881 et Pad,2 = 148,5 kN/m. Le cas 1 (force verticale descendante) gouverne.
Moment. M = 160,4 × 3,00 = 481,3 kN·m/m. Décomposition : P1 = 108,0 kN/m (Ka = 0,3333) et P2 = 52,4 kN/m.
Comparaison chiffrée sur l’exemple
| Eurocode 8 | RPS 2011 | Règles PS 92 | |
| Accélération de l’exemple | agR = 2,0 m/s² (fictive) | Amax = 0,14 g = 1,373 m/s² (zone 3) | aN = 2,0 m/s² (fictive) |
| Coefficient sismique horizontal | kh = 0,1223 (α S / r, r = 2) | αH = 0,1680 (K t an/g, t = 1,2) | σh = 0,2039 (K τ aN/g) |
| Coefficient vertical | kv = ± 0,0612 (0,5 kh) | αV = ± 0,0504 (0,3 αH) | σv = ± 0,0612 (0,3 σh) |
| Angle de frottement dans la formule | φ’d = 24,79° (γφ’ = 1,25) | φ = 30° | φ = 30° |
| Poussée totale retenue | Ed = 169,1 kN/m | Pad = 150,0 kN/m | Pad = 160,4 kN/m |
| Part dynamique | ΔPd = 36,6 kN/m | ΔPadyn = 42,0 kN/m | P2 = 52,4 kN/m |
| Point d’application | Ps à H/3, ΔPd à H/2 | Pa à H/3, ΔPadyn à H/2 | Pad à H/2 |
| Moment à la base | 374,9 kN·m/m | 341,9 kN·m/m | 481,3 kN·m/m |
Les poussées totales Eurocode 8 et PS 92 sont voisines (écart de 5 %) mais pour des raisons opposées : l’Eurocode réduit le coefficient sismique par r = 2 (mur-poids pouvant se déplacer) et majore la poussée par l’angle de calcul φ’d ; les règles PS 92 gardent l’accélération entière et l’angle φ. Le moment PS 92 est plus élevé de 28 % surtout par le point d’application : toute la poussée globale est placée à mi-hauteur.
Le RPS 2011 suit la même formule que les règles PS 92 (φ sans coefficient partiel), avec t = 1,2 imposé, mais il place la part statique à H/3 comme l’Eurocode 8 : à accélération égale (an = 2,0 m/s², hors zonage), il donnerait αH = 0,2446. Les accélérations de l’exemple ne représentent pas un même site : la comparaison porte sur les méthodes, pas sur un ouvrage.
4. Ce qu’il faut retenir
- Ed (Eurocode 8) comme Pad (RPS 2011, PS 92) est la force totale (statique et dynamique) : l’ajouter à la poussée statique compterait deux fois la part statique.
- Les deux sens du séisme vertical doivent être calculés (7.3.2.2(2)P) : dans l’exemple, le cas A (force d’inertie verticale vers le bas) gouverne (169,1 kN/m contre 153,4 kN/m), ce qui n’est pas une règle générale.
- L’incrément dynamique est placé à mi-hauteur (7.3.2.3(4)P), plus haut que la poussée statique triangulaire (H/3) : son effet sur le moment est plus que proportionnel à son intensité.
- Les angles de calcul φ’d et δd intègrent γφ’ = 1,25 : utiliser φ’k directement dans (E.2) sous-estime la poussée.
- Quand β > φ’d − θ (Eurocode 8) ou β > φ − θ (RPS 2011, PS 92), la formule ne s’applique plus : la feuille refuse alors de calculer.
- Avec le RPS 2011, t = 1,2 s’applique d’office et φ est utilisé sans coefficient partiel ; Pa est placée à H/3 et ΔPadyn à H/2. La formule de Kad imprimée au 9.4.2.1 comporte des coquilles : l’appliquer sous sa forme de Mononobe-Okabe.
- Pour un ouvrage existant calculé aux règles PS 92, les principales différences avec l’Eurocode 8 sont : pas de facteur r, φ sans coefficient partiel, δ = 0, poussée globale à mi-hauteur, murs isolés limités à 6 m.
5. Références
- NF EN 1998-5 (septembre 2005, 3e tirage octobre 2013), Eurocode 8, partie 5 : fondations, ouvrages de soutènement et aspects géotechniques : 3.1(3) (coefficient γφ’), 7.3.2.1 (modèles de base), 7.3.2.2 (coefficients sismiques, Tableau 7.1), 7.3.2.3 (valeur de calcul et point d’application de la poussée), annexe E (E.1, E.4, E.5, E.9).
- NF EN 1998-5/NA (octobre 2007), annexe nationale : clause 3.1(3), valeurs recommandées retenues.
- NF EN 1998-1 : 3.2.1(3) (ag = γI agR) ; NF EN 1998-1/NA : agR, γI, S et avg fixés par l’Administration française.
- NF EN 1997-1 : 9.5.2 (poussée des terres au repos, non calculée par la feuille).
- RPS 2000, version 2011, règlement de construction parasismique (Royaume du Maroc, ministère de l’Habitat et de la Politique de la ville), approuvé par le décret n° 2-02-177 du 22 février 2002, version 2011 approuvée par le décret n° 2-12-682 du 28 mai 2013 : 5.2.2 et figure 5.3 (zonage en accélération), 9.4.1 (coefficients sismiques), 9.4.2.1 (poussée dynamique active, terrains pulvérulents), 9.4.3 (stabilité), annexe (zones par commune).
- NF P 06-013 (décembre 1995), règles PS 92, amendements A1 (février 2001) et A2 (novembre 2004), ancien texte : 3.3 (aN), 5.2.4 (coefficient topographique), 8.1 (combinaisons, figure 30), 10.1.3 (coefficients sismiques), 10.2.2 (poussée active dynamique), 10.5 (murs de soutènement isolés).
NEOPEDIA · en pratique
Nos ingénieurs vérifient systématiquement, sur les murs de soutènement en zone sismique, que les deux sens du séisme vertical ont bien été comparés, que l’angle de frottement de calcul intègre le coefficient partiel et que l’incrément dynamique est placé au bon niveau pour le calcul du moment.
6. Feuille de calcul
Mur de soutènement sous séisme : poussée des terres (Mononobe-Okabe)
Les valeurs sont à titre indicatif. Modifiez-les pour voir l’influence de chaque paramètre ; le calcul se met à jour immédiatement. Domaine de la feuille : face arrière du mur verticale, sol sans cohésion, nappe sous la base du mur, pas de surcharge sur le terre-plein (sauf en RPS 2011, 9.4.2.1) ; hauteur au plus 10 m en NF EN 1998-5, au plus 6 m en règles PS 92 (mur isolé, 10.5), au plus 20 m en RPS 2011 (borne de la feuille).
| Géométrie et sol | ||
|---|---|---|
| H : hauteur du mur (au plus 10 m ; 6 m en PS 92 ; 20 m en RPS) | m | |
| φ’k : angle de frottement interne du sol (valeur caractéristique ; φ en PS 92 et en RPS) | ° | |
| γ : poids volumique du sol (sol hors nappe, non déjaugé) | kN/m³ | |
| β : inclinaison du terre-plein sur l’horizontale (montant) | ° | |
| δ : angle de frottement sol-mur EC8 : au plus (2/3) φ’k, 7.3.2.3(6)P ; RPS : au plus φ (borne de la feuille) | ° | |
| q : surcharge uniforme sur le terre-plein RPS 2011 : 9.4.2.1 ; NF EN 1998-5 et PS 92 : non traitée par la feuille, q = 0 | kN/m² | |
| Action sismique | ||
|---|---|---|
| agR : accélération maximale de référence (sol de classe A) fixée par le texte réglementaire applicable | m/s² | |
| γI : coefficient d’importance | ||
| S : paramètre de sol (classe de sol) fixé par le texte réglementaire applicable | ||
| avg/ag : rapport des accélérations verticale et horizontale | ||
| Type d’ouvrage (Tableau 7.1 et E.9) | ||
Besoin d'un regard extérieur sur vos calculs ?
NEOGENESIS assure le contrôle externe des études : notes de calcul, modèles et plans, selon les règlements en vigueur (BAEL, Eurocodes, RPS 2011).
Autres publications sur le même thème
NEOPEDIA Calcul
- État limite de fissuration selon l’EC2 : ouverture des fissures et aciers minimaux
- Température critique d’une poutre isostatique en acier
- Déversement d’une poutre élancée en lamellé-collé
- Poinçonnement d’une dalle sur poteau selon l’EC2
- Coefficient de comportement : q de l’Eurocode 8 et K du RPS 2011
- Poutre continue : calcul des sollicitations, exemple
