Protection anticorrosion des ouvrages métalliques : les essentiels du fascicule 56 du CCTG
La durabilité d’un ouvrage métallique dépend autant du système de protection retenu que de la qualité de sa mise en œuvre. Le fascicule 56 du CCTG encadre la protection contre la corrosion des ouvrages neufs et existants en fer, fonte et acier. Il associe le choix des procédés, les exigences d’exécution, l’assurance qualité et les garanties.
Quelles solutions de protection ?
1. Peinture sur acier décapé
Un système multicouche associe généralement un primaire anticorrosion, une couche intermédiaire assurant l’effet barrière et une finition adaptée à l’exposition.
- Atouts : large choix de finitions, application en atelier ou sur chantier, réparations localisées possibles.
- Points de vigilance : la performance dépend fortement de la préparation du support, des conditions climatiques et du respect des délais de recouvrement. Une attention particulière est due aux arêtes, aux soudures et aux assemblages.
2. Métallisation suivie de peinture
Du zinc, de l’aluminium ou leurs alliages sont projetés à chaud sur l’acier décapé. Un colmatage adapté traite ensuite la porosité du dépôt avant l’application des couches de peinture.
- Atouts : protection renforcée, adaptée aux grandes pièces qui ne peuvent pas être immergées, avec un faible échauffement global.
- Points de vigilance : préparation et rugosité exigeantes, équipements spécialisés, accès nécessaire à toutes les surfaces à traiter.

3. Galvanisation à chaud
L’immersion dans un bain de zinc fondu crée un revêtement lié métallurgiquement à l’acier, qui combine effet barrière et protection sacrificielle.
- Atouts : revêtement robuste, entretien réduit, protection des surfaces intérieures accessibles au bain.
- Points de vigilance : dimensions et conception à adapter au procédé. Les évents, les évacuations, les risques de déformation et les reprises après soudage sont à anticiper.

4. Galvanisation et peinture : le système duplex
La peinture protège le zinc de l’exposition, tandis que le zinc protège l’acier sous-jacent.
- Atouts : durabilité renforcée et choix esthétique élargi.
- Points de vigilance : coût initial supérieur à celui de la galvanisation seule ; la préparation du zinc et la compatibilité des peintures sont déterminantes pour l’adhérence.
Les principes à retenir du fascicule 56
- Adapter le système au support, à l’environnement, à la nature des travaux et aux possibilités d’entretien.
- Organiser la qualité : plan d’assurance qualité, systèmes de peinture certifiés ACQPA et qualification du personnel selon les opérations.
- Diagnostiquer avant l’entretien : examiner le revêtement existant et réaliser les essais préalables pour choisir entre réparations, avivage ou décapage.
- Contrôler l’exécution : propreté, rugosité, conditions d’application, épaisseurs, singularités et traçabilité.
- Préciser les garanties : anticorrosion, aspect et, le cas échéant, couleur, en distinguant la durée de garantie de la durabilité attendue.
À retenir : une protection durable se construit à chaque étape, de la prescription à l’entretien, en passant par la préparation, l’application et le contrôle.
NEOPEDIA · en pratique
Cette veille nourrit nos missions au quotidien : NEOGENESIS accompagne maîtres d’ouvrage, entreprises et bureaux d’études sur le contrôle des structures métalliques et de leur protection, de l’étude à la réception de l’ouvrage.
Autres publications sur le même thème
Structures métalliques & assemblages
- EN 1993-1-10 : comment choisir la qualité d’acier d’une structure métallique
- Contrôle des assemblages : de l’inspection visuelle aux contrôles non destructifs
- Rigidité des assemblages : un paramètre clé dans le comportement global des structures en acier
- Rigidité des assemblages (Suite) : Exemple de Calcul
- Profilés en acier formés à froid : un choix moderne et économique pour la construction
